dimanche 30 août 2009

Homélie pour le 22ème dimanche ordinaire

Le Psaume 14 s’ouvre par la question que nous avons lue : « Seigneur, qui séjournera sous ta tente » ? Il s’agit d’un psaume, donc un texte de l’ancien testament. Il fait référence à la tente de la rencontre, que Dieu avait choisie pour y séjourner et y rencontrer son peuple. Rappelez vous, le peuple était nomade au désert. Donc cette expression, « séjourner sous la tente de Dieu », c’est être accueilli par lui, chez lui, dans sa demeure. Mille ans plus tard, un jeune homme riche viendra poser exactement la même question à Jésus : « maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? » Et c’est la question de tous ceux qui cherchent à mettre leurs pas dans les pas de Jésus.

En lisant la Bible, nous voyons que Dieu répond à cette question par étapes. Avec beaucoup de patience et de pédagogie, il fait parcourir à son peuple un chemin de découverte progressive de son amour. Dieu ne dit pas tout tout de suite à Abraham, puis à Moïse. Le sommet de son message, qui s’appelle Jésus, ne viendra qu’après des années d’apprentissage pour Israel. Et de même, nous qui sommes chrétiens, nous mettons du temps à passer les étapes de la découverte de l’amour de Dieu. Nous faisons en raccourci le chemin d’Israel.

Donc Dieu répond par étapes. La première lecture nous rappelle l’une des toutes premières, que le peuple a vécu avec Moïse. Moïse, c’est l’homme des tables de la Loi, des dix commandements et de toute la loi juive qui en découle : nous la trouvons dans les livres de l’Exode, du Lévitique, du Deuteronome. Dieu donne d’abord à son peuple une loi. Comme on donne d’abord à un enfant des règles. On n’attend pas le cours de physique de première pour lui dire : ne mets pas tes doigts dans la prise de courant ! ». Les parents sont obligés de définir des règles, de les imposer aux enfants avec des explications souvent incomplètes. Dieu procède de la même manière. Il donne une loi, et il demande qu’on l’écoute, qu’on ne la déforme pas, et qu’on la mette en application. Parce que cela va permettre à son peuple d’avancer vers des révélations plus incroyables.

Ecouter la loi, ne pas la déformer, et la mettre en pratique. Voilà ce que nous dit le passage du Deuteronome. Du coup, il n’est pas du tout étonnant de trouver dans le psaume que celui qui se conduit bien c’est celui qui agit conformément à la loi de Moise. Or si nous regardons les « bons comportements » du psaume, ils ne nous choquent pas, car la loi est déjà une loi d’amour.

Puis vient Jésus, 1000 ans plus tard. C’est l’étape décisive. Nous savons maintenant ce qu’il est venu nous apprendre : Dieu nous aime comme un Père, il nous adopte comme ses enfants. Il nous envoie son fils pour nous le révéler. Jésus va mourir pour nous, pour détruire les liens de la mort et du péché en nous. Et la loi d’amour ne sera plus écrite sur des livres mais dans nos cœurs, dans nos corps où se trouve désormais la tente de Dieu, le temple de l’Esprit Saint.

Dans le passage de St marc, nous voyons Jésus dialoguer avec des pharisiens. Ceux-ci lui reprochent que ses disciples mangent sans faire les ablutions rituelles des juifs. Alors Jésus va donner deux enseignements.

Premièrement : si le respect de la loi est devenu une coquille vide, si celui qui observe le précepte l’a séparé de son fondement, qui est l’amour, alors il commet une hypocrisie. Jésus dit « il m’honore des lèvres mais en vérité il est loin de moi. ». La loi est là pour nous apprendre progressivement à entrer dans l’amour de Dieu. Il ne suffit pas de respecter la lettre de la loi, il faut s’imprégner de son esprit, de ce qu’elle nous apprend. Il faut laisser nos cœurs évoluer vers le bon que nous indique la loi. Il faut laisser nos cœurs être modelés vers le bien, petit à petit, par la pratique de la loi.

Le deuxième enseignement vient conforter le premier : ce n’est pas la nourriture que vous absorbez qui vous rend impurs, ce sont vos paroles, vos pensées, ce qui sort de vos cœurs.

C’est pourquoi il est si important de se laisser « convertir » au bien. Pour éviter qu’il ne sorte de nous des paroles, des pensées destructrices, qui salissent ou qui font mal, qui sont indignes de Dieu qui a monté sa tente en nous-même.

St Jacques, en méditant sur Jésus, apporte aussi sa pierre : il ne nous invite plus seulement à accueillir en nous la loi, mais à accueillir la parole de Dieu, c'est-à-dire Jésus lui-même : 21b Accueillez donc humblement la parole de Dieu semée en vous ; elle est capable de vous sauver. Nous n’écoutons plus seulement une loi écrite sur papier. Nous écoutons Jésus qui nous parle par l’Esprit Saint. La Parole est semée en nous. Dieu nous parle. Il nous faut la laisser se déployer. Chacun de nous est appelé à vivre la parole de Paul : « ce n’est plus moi qui vis, c’est le

Dans quelques instants nous allons dire notre foi. Je vous invite à garder à l’esprit la phrase de St jacques : « la parole de Dieu est capable de vous sauver ». Cette parole est espoir pour ceux d’entre nous qui doutent, qui désespèrent.

Puis nous allons recevoir le corps du Christ, Jésus qui vient en nous. Là encore concentrons nous sur ce que nous dit Jacques : « accueillez humblement la Parole semée en vous »

Amen