dimanche 4 juillet 2010

Homélie pour le 14ème dimanche ordinaire 4 juillet 2010

Homélie : Aujourd'hui, dans ce 14ème dimanche ordinaire, nous célébrons deux sacrements : l'eucharistie et l'onction des malades. Monseigneur GIRAUD nous y a invité, lors de la messe chrismale. La messe chrismale, la messe où l'évêque bénit les huiles et les distribue aux prêtres pour toute l'année. Ceux qui y étaient se souviennent peut-être qu'il a développé dans son homélie la signification de l'huile des malades. Il a demandé que l'on célèbre au moins une fois par an, dans chaque paroisse, le sacrement des malades à l'occasion d'une messe dominicale. C'est ce que nous avons fait hier soir avec le P pascal MAES, et que nous faisons de nouveau ce matin.

Pouvons nous trouver dans les textes du 14ème dimanche quelques éléments pour nous aider à comprendre ce sacrement ?

L'Évangile d'abord : Jésus choisit 72 personnes et tout de suite il les envoie en mission, avec ses consignes. A peine appelés, quelques consignes et hop, c'est parti. Jésus les envoie dire la Bonne Nouvelle : « le Règne de Dieu est tout près de vous ». C'est au verset 9. Le Règne de Dieu s'est approché de vous au point d'être à portée de main. Saisissez votre chance...
Un signe accompagne l'annonce de cette bonne nouvelle : « Guérissez leurs malades ». Tiens, ça tombe bien pour un jour de sacrement des malades. Nous connaissons cette façon de procéder : vous vous souvenez que lorsqu'il guérit le paralytique de Capharnaüm, Jésus commence par lui pardonner ses péchés. Parce que c'est ça qui le sauve.
Mais pour que les spectateurs cessent de douter, Jésus leur donne un signe, et il guérit aussi le corps du paralytique. Nous avons beaucoup d'autres récits où Jésus guérit largement les malades qu'on lui amène, toujours comme pour faire signe de la Bonne Nouvelle, toujours en annonçant le Royaume.

Tout sacrement est donné « pour la Vie ». Vie avec un V majuscule. Tout sacrement est d'abord « pour la vie éternelle », pour la vie de Dieu en nous. Nous ne savons pas comment se manifestera pour nous la grâce de Dieu lorsque nous participons à une eucharistie, ou bien lorsque nous avançons pour recevoir le sacrement des malades. Mais quelque chose est donné. Ce n'est pas à nous de décider ce que Dieu donne à l'un, à l'autre. Ce n'est pas à nous de décider ce que Dieu peut ou ne peut pas donner. Nous, nous sommes invités à nous ouvrir à la grâce, à nous laisser toucher. La première lecture nous invite à la confiance. La main de Dieu y apparaît forte, ferme. Elle dirige la paix, elle rassasie... Elle sème le bien, « votre coeur se réjouira »... Ouvrons nous à la grâce, car l'amour de Dieu est fort... Et laissons Dieu être Dieu.

Le psaume 66 reprend cette sensation de force et de puissance. Elle fait presque plus peur. « Tes actions sont redoutables ». « Voyez les exploits redoutables de Dieu ». C'est aux versets 3 et 5. Oui mais cette force se manifeste par pour détruire, mais pour construire, pour délivrer, pour libérer, par amour : c'est le rappel du passage de la mer Rouge : « il changea la mer en terre ferme, ils passèrent le fleuve à pieds secs ». La encore le psaume nous invite à avoir confiance dans la puissance du Seigneur, dans sa capacité à nous délivrer, au moment de recevoir le sacrement des malades, comme d'ailleurs au moment de recevoir l'eucharistie.

Donc confiance! Nous n'avons aucune idée de la Puissance de Dieu, et de ce qu'il peut faire quand quelqu'un s'abandonne à sa grâce. Ne posons pas de limites, ne décidons pas pour Dieu, laissons le faire.

Et puis, il y a encore Paul, au chapitre 6 de la lettre aux Galates : « Que la croix de Notre Seigneur Jésus Christ reste mon seul orgueil ». Et un peu plus loin : « je porte dans mon corps la marque des souffrances de Jésus. » Que veut-il dire ? Jésus a souffert, c'est certain. Il a souffert tout particulièrement sur la croix. Pour nous sauver en n'employant que l'amour, Jésus a dû souffrir. Non pas parce qu'il aimait ça, mais parce qu'il n'y avait pas d'autres chemins. S'il n'avait pas accepté de souffrir, il n'aurait pas pu nous sauver. Dans le chapelet par exemple, nous méditons sur les mystères douloureux. Nous nous inclinons devant le courage de ce Dieu qui a accepté de souffrir tellement pour nous, en homme.
Or Paul dit qu'il porte dans son corps les marques des souffrances de Jésus. Quelque chose de la souffrance de Jésus est passé dans Paul, et quelque chose de la souffrance de Paul est associé à celle de Jésus. C'est plus difficile à comprendre, mais Dieu nous donne aussi à nous de pouvoir associer nos souffrances de malades à la propre souffrance de Jésus, pour le salut du monde. Monseigneur GIRAUD nous a bien expliqué lors de la messe chrismale que le sacrement des malades accomplit ça aussi, mystérieusement. Ainsi notre souffrance acquiert en Jésus une utilité pour le salut du monde.

Le sacrement des malades est donc à la fois une force pour les personnes malades. Il est un moment communautaire de prière pour elles. Il est un appel à la grâce, au salut, à la libération, à la guérison. Et il est aussi une grâce pour la communauté, puisque les souffrances des malades viennent s'associer à celles du christ, pour notre salut.

Alors il est bon de ne pas hésiter à recevoir ce don, si vous êtes malade. Mgr GIRAUD nous dit même que le grand âge, en soi, contient « un commencement de danger de mort ». Nous savons bien que le grand âge est associé à bien des tracas de santé, petits ou grands. C'est pourquoi l'Eglise ouvre de plus en plus aux personnes âgées le sacrement, même si elles ne sont pas gravement malades.

Pour finir, je reviens sur l'Evangile. Jésus prend 72 personnes, il leur donne quelques consignes et hop, il les envoie. La préparation viendra après..., sous forme de relecture de ce qu'ils ont vécu. « Les 72 disciples revinrent tout joyeux. Ils racontaient. Vivez l'expérience du sacrement, puis venez le relire. Un temps vous est proposé pour ça mardi à 14 h 30 ici, dans la salle du bas. Ne craignez pas de n'être pas assez préparés. Laissez faire le Seigneur et écoutez votre désir, comme l'aveugle de Jéricho à qui Jésus demande « que veux tu que je fasse pour toi? » Que veux tu ? En grec ce mot contient la notion de désir : « que désires tu que je fasse pour toi »

Amen