vendredi 12 décembre 2008

Homélie pour le 3ème dimanche de l'AVENT 2008

Les textes d'aujourd'hui tournent notre regard, presque de force, vers Jésus. Comme si nous avions un torticoli, du mal à tourner la tête, les quatre textes sont rassemblés dans un effort commun pour nous y amener. N'oublions pas que nous sommes dans l'Avent. Nous préparons Noël, la naissance de Jésus. La venue de Dieu dans notre humanité.

Regardons l'évangile. Jean le Baptiste détrompe ses interlocuteurs : "non, non, non, ce n'est pas moi qui compte! Je ne suis pas le Messie, ni Elie, ni le grand prophète. Je ne fais que préparer le chemin, en vous invitant à vous convertir."
« Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas : c'est lui qui vient derrière moi, » "et la différence entre lui et moi est colossale!" On dirait aujourd'hui « je ne lui arrive pas à la cheville ».

L'Evangile ne nomme pas Jésus dans ce fragment. Il n'est pas nommé non plus dans la première lecture. Mais rappelez vous. Jésus lui-même lit ce texte le jour où il est de retour dans son village et où il prend la parole dans la synagogue. « L'Esprit du Seigneur est sur moi ». En s'attribuant cette parole, Jésus déchaine la colère des juifs pour qui il est impossible d'entendre que Dieu puisse être ce SDF, ce fils du village. Ils ont de Dieu et du Messie une image plus royale, plus majestueuse, plus riche sans doute. Jésus, contrairement à Jean, ne dit pas "ce n'est pas moi". Au contraire il dit "aujourd'hui cette parole s'accomplit à vos oreilles". La première lecture elle aussi nous souffle donc : "c'est Jésus que tu attendais"

Regardons maintenant le psaume, qui d'ailleurs n'est pas un psaume. Evènement rare dans nos eucharisties : c'est un cantique du nouveau testament, et vous le connaissez bien. C'est le chant de Marie devant Elisabeth. Nous appelons ce moment la Visitation. Et dites moi, qui est en présence par mères interposées dans la visitation? ... Jésus et Jean-Baptiste. Jean se réjouit, il tressaille dans le ventre d'Elisabeth en ressentant la présence de Dieu qui est en Marie. Et Marie exprime alors son propre chant de joie : « mon âme tressaille de joie en Dieu mon sauveur... » Dès avant sa naissance, Jean est entièrement tourné vers Jésus.

Et St Paul ? Lui aussi nous invite à la joie. « Frères, soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance ». Puis St Paul développe pourquoi il est juste de rester dans la joie : Dieu est fidèle, il ne nous abandonne pas,même dans la mort. Des raisons pour la joie, on pourrait aussi en puiser dans le cantique de Marie. Il y en a plein.... Vous pourrez le relire.

Enfin, St Paul adresse aux Thessaloniciens une invitation que nous pouvons vraiment prendre pour nous en ce temps d'Avent : « Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie tout entiers, et qu'il garde parfaits et sans reproche votre esprit, votre âme et votre corps, pour la venue de notre Seigneur Jésus Christ. » Le cadeau que nous allons recevoir dépasse tout ce qu'on peut imaginer. Il nous est donné par Dieu pour que sa joie soit en nous et que notre joie soit parfaite (Jn 15). Cela justifie bien que nous fassions l'effort d'aller vers lui « sans reproche ». Nous pouvons voir là l'invitation de l'Eglise à nous préparer en vivant aussi le sacrement du pardon et de la réconciliation, que nous appelons la confession. L'objectif que nous visons est d'entrer dans la joie de Dieu. S'il faut pour cela déposer quelques valises ou quelques boulets qui freinent notre route, c'est peu de choses en comparaison de ce que Dieu veut nous donner en Jésus.

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