samedi 31 janvier 2009

Homélie pour la messe anticipée du quatrième dimanche ordinaire 2009

Le père Hervé GIRAUD, notre évêque, nous invite tous à méditer l'évangile du dimanche suivant pendant toute la semaine, du lundi au samedi. Pourquoi? Parce qu'il est difficile d'entrer dans quatre textes simplement écoutés à la messe. Si par contre on a défriché le terrain et qu'on arrive le dimanche déjà imprégné de l'évangile, si chacun d'entre vous a déjà réfléchi par lui-même sur les textes, ou au moins sur l'évangile, forcément, chacun arrive avec dans sa tête des questions, une façon de comprendre le texte. Et l'homélie est alors plus facile à écouter et à faire vivre.

Essayons, par exemple, avec la page d'évangile d'aujourd'hui :

Dimanche soir 25 janvier 2009 : je lis l'évangile du dimanche suivant. Celui d'aujourd'hui donc.

Lundi 26 janvier 2009 : j'imagine la scène : je repère les lieux, je découvre les personnages.
Où sommes nous : A Capharnaum. Où est-ce ? Sur la rive Nord, au bout du lac de Galilée et au bord d'une voie romaine d'importance majeure puisque c'est celle qui vient de l'Europe, et de Rome, et va vers l'Afrique. Rien que ça. Capharnaum est un lieu de passage capital, et donc un lieu de commerce. C'est la gare du Nord de Palestine. Avec le lac en plus, la pêche, le poisson frais et l'ancien frais... Ca court dans tous les sens. On comprend les responsables religieux : avoir une synagogue à cet endroit, ça va de soi. Imaginez ce village qui grouille de monde et d'activité, des gens, au point de convergence avec les routes d'Asie. Des gens de toute couleur, de toutes langues, des chevaux, des ânes, des boeufs, des moutons. Des rues étroites, des maisons petites. En bas du village, près de la côte, la maison de Pierre. Et vers le haut du village, un peu à l'écart des poissons, la synagogue en pierre volcanique grise. Jésus arrive avec ses disciples. Pierre va peut-être chez lui avec son frère. Jésus va chez lui aussi, retrouver son Père. Aussitôt il entre dans la synagogue. Voyez le. Il n'a pas changé depuis ses douze ans : toujours aux affaires de son Père. D'où l'invitation de St Paul dans la seconde lecture : « j'aimerais vous voir libres de tout souci pour que vous soyez attachés au Seigneur sans partage. »
Jésus entre là et aussitôt il enseigne, comme à 12 ans au temple.
Regardons les gens. Ils sont là, ils écoutent, ils sont surpris.
Et moi, où ai-je envie d'être dans ce récit ? Resté au village ou de retour avec Jésus ? Chez moi ou en prière avec lui à la synagogue, entrain de l'écouter ? Où suis-je à ma place ?
J'ai repéré les lieux, j'ai vu la scène et les personnages. Je peux aller me coucher. Et comme dit la Genèse, il y eut un soir, il y eut un matin, ce fut le premier jour.

Mardi 27 janvier : je me concentre sur Jésus
« Ils étaient surpris parce qu'il enseignait en homme qui a autorité ». Nous ne savons pas ce que dit Jésus. Mais je repère que par quatre fois l'accent est mis sur la façon dont Jésus enseigne: 22 car il enseignait en homme qui a autorité, 27 Voilà un enseignement nouveau, proclamé avec autorité ! Il commande même aux esprits mauvais, et ils lui obéissent. »
Son autorité force au silence. Elle libère, elle délivre. Mais aussi elle surprend, elle inquiète.
Et moi, est-ce que je me souviens que jésus m'ait guidé avec autorité ? Est-ce que je me souviens d'un texte, d'un mot qui m'ait frappé ? Est-ce que l'autorité de Jésus m'inquiète ou m'effraie ? Est-ce que je suis prêt à le suivre ou bien est-ce que je me bouche les oreilles pour ne pas entendre et je crie au seigneur : « Seigneur, appelle le voisin! Surtout ne me dis rien! ». Deuxième jour. Je vais dormir.

Mercredi 28 : l'autorité de Jésus n'est pas celle des scribes:
J'observe encore Jésus, et son autorité. Il a de l'autorité, sa Parole fait mouche, elle va droit au but, elle ne tremble pas. Mais Jésus ne prend pas le pouvoir. Il ne se fait pas autoritaire.
Il n'est pas mou, mais il laisse libres ceux qui l'écoutent.
Et moi ? Est-ce que je me sens libre, soutenu et conduit par l'Esprit de Jésus, dans une confiance où je me donne, ou bien est-ce que je viens à la messe parce que j'ai encore un peu peur que le ciel ne me tombe sur la tête. Est-ce que je suis disciple d'un Dieu qui m'aime et qui me respecte ? Un Dieu qui accepte de se faire discret, de ne plus apparaître, à la demande de son peuple, comme le raconte le Deutéronome dans la première lecture. Un Dieu qui soupire comme dans le psaume parce que nous utilisons mal la liberté qu'il nous laisse : Aujourd'hui écouterez-vous sa parole ?, dit le psaume. Troisième jour.

Jeudi 29 : Jésus n'explique pas le mal, il le combat.
J'entre dans la seconde partie du texte. La rencontre entre Jésus et le démon qui est dans le démoniaque est rude : « cri, vive interpellation, convulsion, grand cri » nous dit l'évangile. C'est ...chaud ! Tout est dit pour manifester le combat entre Jésus et les esprits opposés à la sainteté de Dieu. Jésus manifeste une autorité plus forte que les forces de la mort. Jésus est là pour cela. C 'est la mission qu'il a reçue du Père : engager l'ultime bagarre pour mettre fin à la domination des forces de la mort.
Et moi ? Est-ce que je suis dans le combat spirituel ? Est-ce que j'en ai conscience, ou pas du tout ? Est-ce que le mal pour moi est un racontar de vieux diacre ? Est-ce que je veux participer à cette bagarre ?
Et quand je vois une croix, ou quelque chose qui y ressemble, est-ce que je fais un clin d'oeil au Seigneur ou un merci dans mon coeur. Ce jeudi 29, je pense à dire merci à Jésus qui a fait le plus gros du travail. Quatrième jour.

Vendredi 30 : Silence !
J'entends le cri de l'esprit mauvais, qui hurle le nom de Jésus. Ce cri n'est pas harmonieux. Il est plein de haine. Jésus domine cette force. Quel mystère ? Un homme qui ne serait qu'un homme pourrait-il faire cela ? Le mystère de Jésus, je peux l'approcher, mais il est si grand. Il inspire le respect. Jésus est vrai homme et vrai Dieu.
Je vais me coucher dans ce mystère. Aujourd'hui vendredi, église a fait mémoire de la force de Jésus, là où il semble le plus petit, le plus anéanti, sur la croix. Cinquième jour.

Samedi 31 : "Qu'est-ce que cela veut dire ?"
La réponse n'est pas encore donnée. Je suis dans l'admiration du don de Jésus. Je suis mûr pour venir à la messe et vivre la résurrection, car c'est elle qui répond aux questions. Sixième jour.
Que vienne dimanche Seigneur, car je désire cette résurrection, je désire la partager avec toi.


Ainsi, sur six jours, nous avons cheminé avec le texte. C'est plutôt simple , finalement. Surtout avec de l'aide. De l'aide sur les textes du jour, il y en a beaucoup. De l'aide pour un chemin d'une semaine vers le dimanche qui vient, c'est plus rare. Je pense que cela va venir puisque plusieurs évêques souhaitent cette façon d'entrer dans les textes.
Vous le savez, je cherche assez volontiers sur Internet, et je me suis fait aider cette semaine par une petite feuille de rien du tout, que j'ai trouvée sur le site de Notre Dame du WEB et qui s'appelle « versdimanche ». Une feuille recto verso, qui se plie en quatre, que je mets dans ma poche, et qui m'accompagne toute la semaine. J'ai construit l'homélie en m'appuyant sur cette feuille, pour vous donner une idée de son contenu.
Pour les internautes, je mettrai l'adresse sur mon blog mais il suffit de taper versdimanche, en un seul mot, sur un moteur de recherche.

Que Jésus vous accompagne toute la semaine, Amen.

http://www.ndweb.org/versdimanche/

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