Par quelle image pourrais-je représenter les quatre textes de ce jour où nous fêtons le Baptême de Jésus. Nous venons d'entendre le récit du Baptême de Jésus dans l'Evangile selon St Marc.
A première vue, nos quatre textes ne sont pas très faciles à relier entre eux. Je vous le rappelle, c'est à cause de cette difficulté qu'il est bon non seulement d'entendre, mais encore que vous ayez sous les yeux les textes de la liturgie du jour. Vous savez qu'il y a des publications pour ça, comme la revue « prions en église » ou « magnificat ». Il existe aussi des recueils annuels des textes des années A,B,C. Avec trois livres vous faites toute la vie. Ou encore vous pouvez les repérer dans votre Bible ou les trouver sur Internet sur le site de la conférence des évêques de France. Mais quelque soit la forme, essayez de les avoir avec vous.
Quelle image donc ? Peut-être le doigt. L'index qui désigne, qui montre. Par exemple l'index de Dieu sur le plafond de la Chapelle Sixtine peint par Michel Ange, ou encore l'index de Jésus peint par le Caravage dans la scène de l'appel de Mathieu.
Pourquoi choisir l'image de « l'index qui désigne » ?
Notre texte le plus ancien c'est le psaume. Il n'est d'ailleurs pas tiré du livre des psaumes , mais du début du livre d'Isaïe. Et quelle est sa première parole : « Voici le Dieu qui me sauve ». Et à la fin du passage, un indice : « il est grand, parmi vous, le Saint d'Israel ». Le Dieu qui me sauve est grand, et il est parmi nous...
Dans la première lecture, qui est tirée du livre d'Isaïe aussi, l'auteur égrenne cinq idées : 1.Ne perdez pas votre temps à des bêtises. 2. Le meilleur de la vie c'est l'alliance avec Dieu. 3. Alors cherchez Dieu maintenant, tant qu'il en est temps. 4. Ne vous affolez pas si vous ne comprenez pas tout: les pensées de Dieu ne sont pas les nôtres. 5. Soyez en certains, la promesse s'accomplira.
Isaie nous dégage de l'inutile et nous désigne dans quel sens il nous faut avancer : « cherchez Dieu. » Isaïe agit comme un maître, comme un guide de montagne: « c'est par là. »
Par ordre chronologique vient alors l'Evangile. Jean-Baptiste n'est pas le messie. Il le dit très clairement. « Voici celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds ». C'est clair dit Jean-Baptiste : ce n'est pas moi. Moi je vous ai baptisé dans l'eau.
C'est quoi ce baptême d'eau ? Jean-Baptiste nous propose un mouvement : tournez vous vers Dieu! Comme l'auteur d'Isaie ( « c'est par là ! » ), Jean-Baptiste nous dit aussi « c'est par là ». Il nous indique le chemin. Il nous indique la scène suivante, si visuelle, presque une scène conçue pour Hollywood! Non seulement: « c'est par là », mais même « c'est là, regardez, c'est maintenant ». Nous sommes comme au bord du Jourdain, et nous regardons. Et que voyons nous ? Rien d' extraordinaire. Il y a tout un paquet de gens dans l'eau. Qui font ce geste de conversion, comme pour dire, « je décide aujourd'hui de me tourner vers Dieu. Je demande pardon d'avoir été si indifférent à Dieu ». Il n'y en a pas un qui se démarque des autres. Mais nous sommes attentifs car nous sommes alertés par les conseils d'Isaie : « il est grand, mais parmi vous. C'est par là, c'est là, la promesse s'accomplira... »
Et tout à coup au moment où un des hommes va sortir de l'eau, le ciel se déchire et l' Esprit Saint descend sur Jésus, pendant que la voix du Père se fait entendre. Peut on mieux montrer la Trinité ? en Haut le Père, en Bas le Fils, entre eux l'Esprit Saint qui vient du père vers le Fils.
Et le Père désigne son Fils bien-aimé : c'est toi !Faites bien attention : le texte ne nous dit pas que les témoins ont vu. Il nous dit que Jésus a vu. J'ai regardé dans le texte grec. C'est bien « il vit ». Comme si cet événement était de l'ordre d'une révélation intime : Non pas « c'est lui », mais « c'est toi ». Comme une confirmation de l'amour du Père au moment de l'envoi en mission. Comme une maman dont l'enfant part pour longtemps ou pour toujours et qui l'embrasse, et qui voudrait que tout son amour passe dans son geste pour que son amour reste avec son enfant quoi qu'il arrive. Il nous est facile d'imaginer la densité de la douleur de la maman, la densité de son désir: que mon amour soit pour toi un bouclier
Et l'amour passe du Père au Fils tout entier par l'Esprit Saint.
Alors finalement, s'il nous a fallu le signe de « l'index qui désigne » pour nous guider jusqu'à cet instant d'intimité entre le Père et le Fils, il nous faut un autre geste, celui de la mère qui étreint son enfant, pour entrer dans ce moment où le Père conssent à ce que son Fils bien aimé aille souffrir et mourir pour le salut des hommes. Il Consent quel que soit l'arrachement, car il n'y a pas d'autre solution pour sauver le monde. Il n'y a pas d'autre solution. Luc le dira dans le récit des témoins d 'Emmaus : « ne fallait-il pas qu'il souffrit? » Dieu consent profondément au point que toute sa volonté et son désir se rejoignent pour la mission de Jésus
Alors, je regarde avec émotion, avec gratitude, ce Père qui donne complètement ce qu'il a de plus cher aux hommes. Je n'ai pas le droit de gaspiller ce don.
J'ai reçu le même don, celui de l'Esprit Saint. Pour en vivre. Je n'ai pas le droit de vivre comme si Dieu n'avait pas donné son Fils pour moi : Jésus a inauguré un nouveau geste : Jean-Baptiste nous tournait vers Dieu. Jésus fait bien plus : il introduit Dieu dans l'homme. C'est un mystère que nous ne devons jamais renoncer à découvrir.
Amen
samedi 10 janvier 2009
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1 commentaires:
Bonjour,
J’ai vu que vous aimiez la Bible. Moi aussi. Je tiens plusieurs blogs qui en parlent. Si le cœur vous en dit, n’hésitez pas à les visiter, et à vous y abonner. Blog principal : http://pour-que-tu-croies.blogspot.com
Cordialement
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