dimanche 12 avril 2009

Homélie pour la veillée pascale du 11 avril 2009

Certains d'entre vous se disent peut-être : aie-aie-aie, c'est Xavier qui prêche et il y a sept textes ! Pourvu qu'il ne lui prenne pas l'idée de commenter chaque texte sinon on en a pour toute la nuit ! Je vais donc être raisonnable.


Dans la veillée complète, il y a en réalité: 7 lectures de l'Ancien Testament, entrecoupées de 7 Psaumes ou Cantiques, puis,  une lettre de St Paul, un psaume et l'Evangile. Au total, 17 passages de la Bible. Si on y regarde de plus près, on voit que c'est l'Ancien Testament qui semble se déployer, comme une fleur qui s'ouvre. De une lecture habituellement, nous passons à sept. Bien évidemment il n'est pas possible de commenter les 7 en quelques minutes. Alors pourquoi ce déploiement de textes ?


C'est pour que nous développions nos racines. Pour que nous comprenions bien la longue histoire qui a précédé l'évènement de la Résurrection de Jésus. Dans certains évènements heureux, comme par exemple le mariage d'un enfant, il arrive que l'on ressorte les vieilles photos de famille que l'on conserve précieusement, pour se souvenir de tout le chemin parcouru. C'est un peu ce que nous faisons ce soir : nous sortons les photos des 2000 ans au moins qui ont précédé la Résurrection de Jésus.


Déroulons les rapidement :


La lecture du second récit de la création, dans le livre de la Genèse est là comme pour nous dire que le salut de Dieu, celui qu'il nous donne en nous faisant accéder à sa vie, Dieu le désirait dès la création du monde. C'est une histoire de famille qui remonte très très loin. Au sommet de l'Univers Dieu a fait l'être humain à son image, homme et femme, pour faire alliance avec eux. Nous avons entendu cette lecture.

Puis vient Abraham et le passage du sacrifice interrompu : Dieu ne veut pas la mort d'Isaac. Dieu est du côté de la vie.

Puis vient l'exode, en ce moment du passage de la Mer Rouge où Moïse comprend deux choses : que Dieu est avec lui, d'une part, et que si Dieu est là c'est pour libérer son peuple de la main de ses oppresseurs. Dieu est avec moi, Dieu me libère. Nous avons aussi entendu ce passage.

Puis vient Isaïe, au chapitre 54... Dieu crie son amour pour l'humanité : « J'ai juré de ne plus me mettre en colère contre toi. Mon amour pour toi ne changera pas, même si les montagnes changeaient de place, même si les collines étaient ébranlées... » Pourquoi Dieu est-il avec moi ? Pourquoi m'a-t-il libéré : parce qu'il m'aime.

Puis Isaie, chapitre 55, L'eau : venez boire l'eau que je vous donnerai, sans argent et sans rien payer. Venez à moi, écoutez et vous vivrez : « vous entendez là l'annonce du baptême, et cette promesse : « mon alliance sera éternelle ». Pas seulement solide, mais éternelle. Et le passage se termine par cette phrase prophétique : « Ma Parole ne me reviendra pas sans avoir réussi sa mission » Ma Parole: vous savez que c'est Jésus lui-même.

Vient ensuite le prophète BARUC. Dans sa bouche, Dieu supplie. Dieu souffre. Il appelle son peuple : « revenez à moi ». Dans notre culture populaire nous avons un récit qui illustre cela : la chèvre de monsieur SEGUIN. Monsieur SEGUIN a tout fait pour protéger sa petite chèvre, et quand il voit qu'elle s'est enfuie dans la montagne, il l'appelle à n'en plus finir. Il est déchiré. Il sait ce qui va lui arriver. « Reviens » : Il sonne de la trompe toute la soirée... Dieu fait ça pour nous: « revenez ».


Enfin Ezékiel : Dieu n'en peut plus des bêtises de son peuple. Alors il décide une nouvelle alliance. « Je verserai sur vous une eau pure, et vous serz purifiés.

Et c'est ainsi que Dieu décide d'envoyer Jésus. Nous voyons bien que c'est une longue, longue histoire d'amour.


Et nous voilà arrivés à Jésus. Il est mort. C'est la consternation. La débandade. Tous les disciples se sont carapatés. Tous sont terrorisés, ou KO. Le maître est mort. A ce moment là, l'histoire de Jésus ne vaut pas une ligne dans le livre de l'histoire de l'humanité. Zéro pointé. Même sa mort est malheureusement aussi banale qu'ignominieuse. Mais nous entendons encore la phrase qui a ouvert la liturgie d'hier soir : « mon serviteur réussira dit le Seigneur. »


Alors apparaissent trois femmes. Alors que tous les garçons sont déprimés, elles, elles se lèvent, elles achètent des aromates, et elles vont soigner le corps de Jésus. Au moment où la promesse semble tombée à l'eau, elles sont là, dans la fidélité et la gratuité. Qu'ont elles à attendre en retour ? Rien. C'est fini. Mais elle sont là. Au même moment ou presque, deux hommes se lèvent aussi, mais eux, c'est pour quitter Jérusalem, le coeur en bandoulière, et pour repartir dans leur village, à Emmaus. Je vous invite à contempler ces femmes un instant, dans le don gratuit de leur fidélité.


Leur amour de Jésus va leur permettre d'être les premiers témoins de la Résurrection. Le tombeau est vide. Jésus n'est plus là. Un ange les accueille, et les envoie dire l'incroyable nouvelle.


Vous le savez, nous n'avons pas de vidéo de la Résurrection. Mais ce qui est certain, ce qui est écrit dans l'histoire, c'est que le vendredi il n'y avait plus rien, rien qu'un corps dans une tombe, et un petit groupe d'amis déçus, vidés, perdus, et que quelques mois, quelques années plus tard il y en a déjà partout autour de la méditerranée des chrétiens, et que 2000 ans après vous êtes là, et des centaines de millions de personnes sont encore là pour louer le Seigneur, comme l'a demandé Paul :  « Pensez que vous êtes morts au péché, et vivants pour Dieu en Jésus-Christ. »


Christ est ressuscité, alleluia, Amen



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